Ambassades de France en Chine

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Une mission permanente d'un pays jugé égal : ce fut une idée neuve en Chine au milieu du XIXe siècle. Pour qu'elle  fût acceptée, il fallut, hélas, une expédition franco-anglaise et le sac du Palais d'été, qui choqua le monde.

La première ambassade de France est une résidence de prince, proche de la Cité interdite et pleine de lilas et de grillons. La seconde, après le Siège de Pékin par les Boxers en 1900, est bâtie sur les ruines de la première. Elle doit montrer le rang et la place de la Nation. 

À Sanlitun, où nous nous installons en 1964, lors de la reprise des relations diplomatiques décidées par le général de Gaulle, dans deux bâtiments loués, nous serons quarante-six ans dans le provisoire. Le quartier est fonctionnel, excentré, le bâtiment ressemble à ses voisins. Ce sont les décors qui porteront l'image de la France. Avant qu'une nouvelle ambassade, digne de la France,  digne de la Chine, ne soit bâtie dans la mégalopole ambitieuse qu'est devenu Pékin, un bel objet architectural qui sera le sujet d'un autre volume.
 

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Olga MOREL

Ministre Plénipotentiaire, elle a partagé sa carrière entre Pékin et Moscou avant de la suspendre quand, son mari, Pierre Morel, a été nommé Ambassadeur de France en Russie puis en Chine.

Formée à la langue et à l'histoire chinoise à l'Université de Harvard, où elle fut l'élève de John K. Fairbank, elle a vécu huit ans à Pékin. Plus de deux ans pendant la révolution culturelle (1968-1970) et six ans dans la Chine de la haute croissance (1996-2002). Elle vivait alors à l'ambassade de France.

Elle a publié un livre sur la résidence de l'ambassadeur de France à Moscou, La Maison Igoumnov, et aux Éditions de l'Imprimerie nationale, Moscou, mémoire d'une ville.

Fiche technique

Date de parution
juin 2011
Langues
français - chinois
Nombre de pages
164
Nombre d'illustrations
120
Format
235 x 300 mm
Reliure
flexibound en coffret illustré
ISBN
978-2-534330-4-3
Poids
1,4 Kg

Au moment où la France s’apprête à quitter Sanlitun, le « village à trois lieues » des anciennes murailles de Pékin et son ambassade dans ce quartier des années soixante, qui nous a accueillis après la reconnaissance de la République Populaire de Chine par le Général de Gaulle, pour rejoindre le quartier diplomatique du XXI siècle et l’ambassade moderne et audacieuse inaugurée par le Président de la République le 30 mars dernier, je voudrais saluer le très beau livre d’Olga Morel sur l’histoire d’une ambassade en Chine.

Ouvrage d’histoire, d’architecture et d’art, ce livre est le fruit d’un travail d’archives et de recherches très poussé. Il est sans équivalent et Olga Morel a mis tout son talent et son érudition dans cet ouvrage comme elle l’avait fait pour l’ambassade de France à Moscou, où elle avait vécu de longues années. Le choix des témoignages littéraires ou des descriptions des personnalités qui ont animé la présence française en Chine rend l’ouvrage captivant. Les photos d’archives sont judicieusement choisies pour illustrer ces moments forts.

En ce début du XXIe siècle où la Chine est devenue la deuxième économie mondiale et où la France a établi avec elle un partenariat stratégique privilégié, il est important de rappeler ce qu’était la conception chinoise de l’ordre du monde qui sous tendait les relations entre la Chine et le monde extérieur, de même que les péripéties de la création des ambassades à Pékin « une idée neuve en Chine au milieu du XIX siècle ». C’est l’évocation de l’histoire des légations, avec l’épisode de la guerre des Boxers qui a toujours en Chine un lien avec le présent. C’est le récit plus particulier des grandes et petites histoires de la légation de France, où réside toujours le Roi Sihanouk, et où les deux lions de pierre accueillent toujours les visiteurs. C’est aussi une galerie de portraits de quelques personnalités d’exception, de prestigieux architectes du ministère des Affaires étrangères, de ministres et d’ambassadeurs de France, dans les périodes fastes comme dans les périodes plus troublées.


L’histoire d’une ambassade en dit autant sur le pays d’accueil que sur le pays d’origine. Comme les puissances ont souhaité rebâtir pour faire bonne figure après le siège des légations, les grands pays ont quitté tour à tour ces bâtiments fonctionnels et sans originalité devenus trop exigus pour des chancelleries qui reflètent leur identité. Quarante-sept ans auront passé pour la France dans une ambassade considérée comme provisoire, et de longues négociations sur l’attribution des terrains racontées en détail par Olga Morel. Ces retards sont sans doute une chance car la nouvelle ambassade, conçue par l’architecte Alain Sarfati, est ainsi en phase avec la Chine et la France d’aujourd’hui ainsi qu’avec cette relation d’exception.

J’ajouterais une touche plus personnelle en disant que je serai très honorée de prendre possession de la nouvelle ambassade, mais que j’ai retrouvé pour un temps avec une certaine émotion la vieille ambassade de Sanlitun de mes débuts de carrière, avec le petit bureau qui fut celui de Pierre-Jean Rémy du temps de la rédaction du Sac du Palais d’été. J’ai aussi retrouvé avec bonheur l’enceinte de l’ancienne légation de France où j’accompagnais jadis l’ambassadeur Charles Malo chez le Prince Sihanouk pour évoquer la situation au Cambodge. Je voudrais remercier à nouveau chaleureusement Olga Morel pour l’évocation juste et émouvante de ces lieux de mémoire, et les Éditions Internationales du Patrimoine pour leur heureuse initiative.

Sylvie Bermann
Ambassadeur de France à Pékin depuis 2011