La Résidence de France à Madrid

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Construite, sur un terrain en pente douce, la résidence de l’ambassadeur se caractérise par de grands volumes aux formes pures et aux surfaces lisses. L’édifice, à deux étages, présente un placage uniforme en pierre de Colmenar animé par de légères moulurations et une corniche en saillie qui délimite très nettement le dernier étage du reste du bâtiment. Le minimalisme du décor et la pureté des lignes mettant en valeur les volumes permettent de rattacher l’édifice au courant architectural de l’art déco, fortement influencé ici par une composante moderniste.

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Jean-Marc DELAUNAY

Jean-Marc Delaunay a fait toutes ses études supérieures à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne. Agrégé d’histoire  en 1977, il a été membre de la Casa de Velázquez de 1979 à 1982 en vue d’y préparer une thèse d’État — sous la direction du professeur Jean-Baptiste Duroselle, puis du professeur Jean-Claude Allain — sur les relations franco-espagnoles à la charnière des XIX e et XX e siècles. Auteur d’une thèse de 3 e cycle sur l’histoire de la Casa de Velázquez (Des palais en Espagne, Madrid 1994, 670 p.), il a soutenu sa thèse d’État en 2000, à la Sorbonne, sur les relations entre les deux pays avant la guerre de 1914. (Méfiance cordiale, 3 vol. Paris, 2010, 2 800 p.).

Il est aussi l’auteur de dizaines d’articles et communications de colloques sur les relations franco-espagnoles et les relations culturelles internationales, parmi d’autres contributions à l’histoire contemporaine. Rédacteur en chef-adjoint de la revue franco-suisse Relations internationales, il continue à écrire sur ces thèmes comme professeur émérite.

Jean-Marc IROLLO

Historien de l’ art, conférencier des musées nationaux, ancien chargé de travaux dirigés à l’ École du Louvre, Jean-Marc Irollo est actuellement directeur adjoint des ressources humaines au musée du Louvre. Il est chevalier des Arts et des Lettres depuis 2007.

Il est l’ auteur de nombreuses publications parmi lesquelles Mémoires en aquarelle : châteaux et jardins disparus des Hauts-de-Seine, une Histoire des Étrusques et plusieurs ouvrages sur la peinture française et italienne. Il a également écrit des articles pour les catalogues des expositions « Tamara de Lempicka », « Les enfants modèles », « Lipchtiz, les années françaises 1910-1940 » et « 1925 quand l’ Art Déco séduit le monde ». 
Il est aussi co-auteur de l'ouvrage Résidence de France à Bucarest et La résidence de France à Londres parus  aux Éditions internationales du Patrimoine.

Fiche technique

Langues
français-espagnol
Nombre de pages
208
Nombre d'illustrations
123
Format
240 x 310 mm
Reliure
rigide et coffret illustré
ISBN
979-10-90756-14-4
Poids
2,15 Kg
Date de parution
août 2015

La providence a des voies surprenantes. C’est au pire moment de notre histoire, alors que la France humiliée avait perdu honneur et liberté, que Franco battait froid le régime de Vichy autant que la III e République, que nous pûmes acheter au très francophile banquier basque et marquis d’Urquijo le site qui nous donne aujourd’hui à Madrid une place d’exception. Grâces paradoxales en soient rendues à François Piétri, le successeur du maréchal Pétain comme ambassadeur en Espagne qui, s’il fut condamné à l’indignité nationale, nous laissa ce superbe héritage.

Que de messages porte cette demeure ! Celui de l’une des vertus les plus prisées du caractère espagnol, aguantar, c’est-à-dire endurer, résister : car il fallut un vrai acte de foi de l’acheteur comme du vendeur pour que ce bien nous revienne en 1941 ; car il nous fallut un quart de siècle pour remettre en état le domaine et donner à la France une résidence digne du remarquable essor de nos relations depuis la Transition. Celui de notre avenir, tant l’incroyable parc privé aux arbres centenaires en plein cœur de la ville nous rappelle l’exigence de notre temps, l’invention d’un mode de vie nouveau, respectueux de la nature, beau projet de civilisation pour la France du XXI e siècle. Celui du secret du génie français, l’alliance de la vision moderniste que porte l’architecture de la maison, dans sa noble austérité, et de l’enracinement dans le passé national dont témoigne une décoration tout entière vouée au Grand Roi. Celui, enfin, de l’union entre les peuples français et espagnol, telle qu’illustrée par les tapisseries des Gobelins célébrant le mariage de Louis XIV avec sa double cousine germaine, l’infante Marie-Thérèse.

Mais il est deux autres lieux dont je souhaite dire un mot tant ils parlent aussi de la France. Notre ambassade, c’est en vain que nous cherchons à la vendre depuis plus d’un siècle, au point qu’elle est devenue la plus ancienne de toutes. Situé dans une rue nommée d’un ancien Premier ministre de la reine Isabelle II, deux fois ambassadeur à Paris, l’hôtel particulier très fin de siècle est orné d’une coquine Vénus nue qui rappelle qu’ici, selon la légende, le roi Alphonse XII venait se reposer de son épouse Habsbourg avec une cantatrice. Quant à la magnifique Casa de Velázquez, site de l’École française de Madrid, elle domine La Moncloa et donne à l’infini sur une campagne sauvage qui s’embrase au soleil couchant. Par la volonté d’une mission dirigée par Bergson en pleine guerre mondiale, elle abrite artistes et chercheurs. J’aime ses colonnes encore marquées par les impacts de la guerre d’Espagne, car elle était sur l’ultime ligne de résistance des forces républicaines. J’aime qu’elle ait été reconstruite dans les années cinquante par une France dont l’Espagne a toujours admiré les arts et les Lumières.

Un grand merci aux mécènes et aux auteurs de ce bel ouvrage qui rend hommage à nos établissements à Madrid au moment où nos relations avec l’Espagne témoignent enfin de ce qu’« il n’y a plus de Pyrénées ».

 

 

Jérôme Bonnafont
Ambassadeur de France en Espagne



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